Publié le 20 Septembre 2016

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Rédigé par montres bonnes affaires

Publié le 10 Septembre 2016

Frais de Douane pour les montres

Les frais d'importation pour les montres sont variables selon les pays qui appliquent ces frais, selon les pays d'où viennent les produits et selon les moyens de transport.

 

En règle générale, on rapporte qu'une montre importée depuis un autre pays vers la France (hors Europe) subit des frais de douane [selon la nomenclature] d'environ 20% + un maximum de 0,8 € - Ils sont donc équivalents en moyenne à la TVA et s'y substituent, mais cela peut être modulé aussi selon le tarif appliqué par l'expéditeur… qui parfois vend ses produits avec les taxes depuis son pays (TVA) et à d'autres moment hors taxes.

 

L'idéal pour l'acheteur serait que les prix pratiqués par le vendeur soient hors taxes  - et on peut le demander, mais les conditions commerciales appliquées ne suivent pas toujours la logique, car l'entreprise doit passer dés accords juridiques spécifiques. On n'est non seulement pas certain de toujours pouvoir en profiter, mais aussi d'avoir connaissance de ces accords, au risque d'être deux fois taxé  !

 

Certains vendeurs les spécifient, d'autres peuvent expédier sans frais de douane lorsqu'ils possèdent un dépôt en Europe par exemple. Il vaut toujours mieux s'assurer auprès du vendeur si des frais de douane seront appliqués à la réception, car tous ne le mentionnent pas. D'ailleurs les Chinois le plus souvent trichent en indiquant une valeur minime sur la facture ou le bordereau de dédouanement pour vous permettre d'y échapper, mais rien ne nous assure que les douanes ne vérifieront pas !

 

Pour simplifier la démonstration, nous donneront un exemple précis :

 

Vous souhaitez acheter  une montre de marque Seiko qui est vendue en Europe selon les vendeurs, entre 250 et 300 euros, mais vous trouvez le même produit parfaitement neuf et rigoureusement identique à Singapour, de plus, arrivant avec la même garantie internationale, au prix de 127 euros, transport gratuit *… L'Aubaine !

 

Attention : Si le vendeur passe par un transporteur connu (exemple DHL), la montre subira automatiquement un passage en douane et sera grevée de frais. On suppose que le prix proposé à Singapour est hors taxes et on peut donc s'attendre à devoir payer à la réception, des frais d'environ 22%.

 

Jusque là rien d'anormal, d'autant que le produit arrive en express par avion (environ 4 jours).

 

Sauf que les frais seront plus élevés que cela, car en effet, c'est DHL qui procède à la présentation aux douanes et vous appliquera donc des frais supplémentaires (parfois équivalents au montant du transport dit gratuit).

 

Au final, les frais de douane plus élevés que pressentis vous coûteront 30 euros et les frais techniques de "dédouanement" opérés par par DHL : 17,50 euros. On observe ici que les frais de douane seuls sont plutôt proches de 23,5% sans réelle justification et les frais d'intervention plutôt élevés ! Nous devront donc payer un total de 47,50 euros, ce qui portera le prix complet de la montre à 127 + 47,50 = 174,50 €

 

L'économie sera (par rapport au prix de vente en Europe), d'environ 20%, ce qui reste une bonne affaire ! 

 

A chacun de voir si la tranquillité (en matière de SAV) vaut la peine de passer par un achat dans une boutique aussi éloignée - En l'occurrence, Seiko bénéficie généralement d'une garantie internationale, mais ce n'est pas le cas pour toutes les marques.

 

Il faut savoir aussi que DHL qui vous avertira du moment de la livraison, procèdera au paiement en avance des frais de douane et pourra vous proposer de vous en acquitter par paiement sécurisé à distance, afin de vous livrer plus rapidement sans paperasse inutile et sans encaissement au "cul" du camion ! Mais rien ne vous interdit de payer le chauffeur qui aura tous les papiers nécessaires.

 

Vous savez tout, à vous de voir !

 

...

 

* Quand on parle de transport gratuit, le vendeur de Singapour peut aussi vous proposer d'expédier votre colis par la Poste, sans la boîte, ni les papiers, pour environ 10 euros - Le voyage durera une dizaine de jours, mais vous pourriez échapper au contrôle de la douane et au final économiser. Mais encore une fois, je vous déconseille d'utiliser cette formule, car vous prenez vraiment beaucoup de risques :

 

La possibilité plus grande de perte du colis

 

Posséder un produit non dédouané sur la facture - ce qui vous interdit pour certaines marques le retour en SAV

 

La revente plus difficile par l'absence de la boîte 

 

Et un contrôle aléatoire des douanes qui pourraient vous appliquer des frais supplémentaires parfois prohibitifs.

 

Sans parler de l'impossibilité de pouvoir justifier d'un achat conforme lors d'un contrôle dans l'entrée dans un pays (hors Europe) avec votre montre au poignet (on parle par exemple proche de nous, de la Suisse ou même bientôt de l'Angleterre…).

 

Certes, on parle de 200 euros et non de 2000 ou même 20.000 !

 

Mais je veux vous donner les meilleurs conseils et non vous encourager à frauder !

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Publié le 8 Septembre 2016

Un cas local et particulier : La saga de la marque Pontiac

Pontiac qui est aussi une marque de voitures américaines (fondée en 1906 – Groupe General Motors), n’a pas de relation économique avec la marque de montres dont nous parlons ici, mais l’usage de ce nom possède la même origine :

 

Le fondateur Ali Kinsbergen qui la lance en 1931 avec ses trois frères, cherche un patronyme fort symbolique et intemporel. Il porte son choix sur le nom d’un illustre chef Indien d’Amérique de la tribu des Outaouais, connu pour sa faculté de lire l’heure dans les étoiles.

 

Il frappe très fort en précipitant l’un de ses modèles depuis le plus haut immeuble d’Anvers. En 1935, peu de marques pouvaient se prévaloir d’une solidité lui permettant d’arriver intacte au sol. Pontiac est reconnue jusqu’en 1958 par la particularité de la lettre P qui couvre le reste du nom.

 

Peu de temps après la guerre, Pontiac devient la marque des sportifs.

 

Elle  innove sans cesse et créé une montre insensible au magnétisme dès les années 40, mais elle reste une spécialité néerlandaise qui malgré sa volonté d’expansion devra fermer sa filiale en Indonésie en 1955.

Un cas local et particulier : La saga de la marque Pontiac

En 1958, on précipite à nouveau 2 modèles depuis le sommet de l’Atomium de Bruxelles, symbole de l’Exposition Universelle. Encore une fois, après une chute de plus de 100 mètres, les garde-temps fonctionnent toujours.

 

Pontiac est si connue et appréciée pour sa solidité chez nos voisins du Benelux qu’en 1964, la marque fait l’objet de la première publicité télévisée.

 

Elle change de mains en 1994 et passe sous le giron de TWC-Tapernoux qui la conservera pendant 20 ans. Le logo se simplifie et les premières montres pour les chemins de fer belges sont lancées en 2000.

 

En 2008, c’est la société Chrono Euro Diffusion qui préside aux destinées de cette belle marque, qui bien qu’appréciée en France, restera essentiellement distribuée en Belgique et aux Pays Bas. D’ailleurs, les Revendeurs physiques sont aujourd’hui surtout présents aux Pays Bas, au Luxembourg et dans la plupart des provinces Belges.

 

Depuis 2014, après les affres du quartz qui toucha presque toutes les compagnies horlogères, Pontiac réussi son retour au mécanique avec des modèles Swiss Made, toujours aussi solides, mais particulièrement bien finis.

 

http://www.pontiac.watch/

 

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Publié le 27 Juillet 2016

Revue de la Sea-gull Sun & Moon

Revue du garde-temps phase de lune à 5 complications, référence D2869S

 

SEA-GULL est sans conteste depuis sa création en 1955, la meilleure, sinon l’une des meilleures manufactures chinoises.

Elle n’a cessé de perfectionner ses créations depuis 60 ans, réalisant aujourd’hui pour son propre compte, ses diverses marques, ses filiales et ses partenaires mondiaux, des quantités de pièces horlogères, dont les mécanismes très appréciés.

 

Après avoir acheté dans les années 60, les machines vendues par le Suisse VENUS, elle a bénéficié d’une qualité de réalisation des composants dès le début. Les calibres réalisés par ces machines étaient éprouvés et servent souvent encore de base à certains calibres modernes. Ils n’on rien perdu de leur qualité, de leur précision et de leur efficacité, si bien qu’aujourd’hui perfectionnés par des années de modernisation chez les chinois, les calibres Sea-Gull (« mouette » en anglais) sont recherchés et très qualitatifs. (Pour la petite histoire, l’un de mes amis, horloger de grande réputation, préfère de loin les calibres Sea-gull à ceux d’ETA, qui semblent avoir perdu de leur rigueur – les pièces ETA reçues sont parfois incomplètes et mal terminées, alors que les calibres Sea-gull, 3 à 4 fois moins chers, sont irréprochables !).

 

Sea-Gull possède aujourd’hui de nombreux calibres pour tous les usages. On compare souvent certains d’entre-eux à leurs homologues suisses ou japonais, tandis que le ST1901 est similaire en tous points au Venus 175.

On compare ainsi le ST25 à l’ETA 2824, ou le calibre qui nous intéresse aujourd’hui (le ST16) à l’excellent Miyota 8200 fabriqué par Citizen et qui est resté pendant plus de 35 ans (sans modifications), l’un des meilleurs moteurs horlogers et le plus distribué. Il est connu pour être demeuré depuis, le plus économique à fabriquer, tout en restant extrêmement fiable, précis et durable, grâce à une conception particulièrement heureuse.

 

Quelques montres modernes utilisent encore le calibre Miyota 8200 (Magrette, Armida, Invicta ou Pro master). Il a été remplacé depuis par le Miyota 9015 qui s’adapte à l’Eco-Drive !

Ainsi donc, le ST16 de Sea-Gull basé sur le 8200 de Miyota a également reçu une adaptation d’un système de remontage automatique de chez Seiko, ce qui lui confère à moindre coût (environ 100 euros) une robustesse, une efficacité et une modernité difficilement comparables. (On connaît également pour d’autres mécanismes, des collaborations avec par exemple Glycine ou Lemania).

Revue de la Sea-gull Sun & Moon
Revue de la Sea-gull Sun & Moon

La montre Sea-Gull dont je présente la revue aujourd’hui et que je viens juste de recevoir d’un distributeur français (https://montre-automatique.com/produit/sea-gull-sun-and-moon-d2869s/) possède en effet ce magnifique calibre maison ST16.

Cette montre référence D2869S à 5 complications mérite cent fois cette revue pour l’ensemble de ses qualités intrinsèques. Equilibre des formes et des dimensions, équilibre des couleurs, équilibre des matières, équilibre des composants.

Une manière de montrer que depuis déjà longtemps et pour moins de 300 euros, les chinois sont capables de proposer des produits de très haute tenue comparables à des réalisations helvétiques au moins trois fois plus chères.

 

Nous ne sommes pas en présence d’une copie, d’un vol ou d’une récupération technologiques, mais bien en celle d’une réalisation mesurée, basée sur des coopérations intelligentes et d’un génie de construction.

 

Revue de la Sea-gull Sun & MoonRevue de la Sea-gull Sun & MoonRevue de la Sea-gull Sun & Moon

La Sun & Moon D2869S existe dans d’autres présentations (boîtier et indices dorés), mais l’équilibre recherché demeure présent. Le modèle de celle que j’ai acquise est construite dans un boîtier acier sans coloration, un cadran champagne et des indices, chiffres et aiguilles d’un bleu métallique profond qui se joue des différences de luminosité aussi bien sous le soleil que sous un éclairage artificiel, tout en gardant une lisibilité exceptionnelle.

 

Un diamètre de 39mm lui confère un usage discret et élégant peut être un peu « vintage », mais malgré tout très actuel. La couronne et les poussoirs commandent les complications qui comprennent le stop-seconde (gage de précision), un compteur 24 heures autour de la fenêtre de phase de lune, ce qui permet de savoir si on est le matin ou le soir et qui simplifie les changements de dates.

On retrouve également la date dans une fenêtre et deux cadrans du jour de la semaine et du mois de l’année. Bref, un équipement très complet et particulièrement facile à mettre en œuvre.

Revue de la Sea-gull Sun & MoonRevue de la Sea-gull Sun & MoonRevue de la Sea-gull Sun & Moon

Les détails ne sont pas oubliés (marquage de couronne du S de la marque, bracelet cuir de haute qualité avec boucle également gravée), mais les incontournables sont bien présents : Boîte rectangulaire en cuir avec mode d’emploi complet (en anglais et en chinois), verre bombé de qualité (malheureusement, et c’est peut-être le seul regret : non saphir) et le mécanisme visible au dos de la montre.

Personnellement, je suis fan, sur les calibres Sea-Gull, de cette sensation très précise et accompagné du petit cliquetis au remontage manuel. Mais le remontoir automatique très véloce permet une autonomie très confortable de 40 heures.

Bref, un très bel et efficace objet qui comblera tous ceux qui trouvaient dommage de ne pas disposer d’une distribution de la marque en France (voir lien plus haut) - avec port gratuit, garantie un an et SAV.

Sea-Gull est disponible en France sur Amazon ici : Seagull Amazon.

Mais les garde-temps chez ces distributeurs sont cependant à l’heure actuelle vendus pour un prix extrêmement intéressant, car inférieur à 200 euros.

 

Revue de la Sea-gull Sun & Moon

Reprenons les caractéristiques principales :

 

Forme : ronde

Diamètre : 39mm

Epaisseur : 12mm

Largeur entre cornes : 20mm

Mouvement : Sea-Gull ST16

Réserve de marche : 40 heures

Complications : 5

Boîtier : acier inoxydable

Cadran : champagne

Bracelet : cuir noir

Boucle : ardillon

Etanchéité : 30m (pas d’usage au bain !)

Verre : dôme minéral

Mécanisme : visible au dos sur fond vissé

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Publié le 8 Juillet 2016

Mécanique Automatique Classique

Mécanique Automatique Classique

En matière d’horlogerie, chaque fois qu’une nouvelle marque fait son apparition, on est en droit de se demander s’il s’agit d’une simple opportunité commerciale sans lendemain ou de l’ouvrage qualitatif d’un professionnel. Tous les ans, des centaines de marques font leur apparition et très peu d’entre elles perdurent. L’horlogerie est  l’un des quelques domaines (comme la mode) ou il est pratiquement impossible de dénombrer les concurrents. C’est sans doute la sincérité du dialogue, la qualité des réalisations, la mise en place du process commercial et surtout la confiance bâtie entre les créateurs, la clientèle et les critiques qui déterminent la réussite à long terme de l’aventure.

William L 1985

De création récente (Octobre 2015), la marque William L 1985 est l’œuvre d’un tout jeune entrepreneur de 31 ans, qui armé d’un Master of Science, montre déjà une solide expérience à des postes de responsabilité chez plusieurs grands fabricants suisses d’horlogerie dont Jaeger-Lecoultre, Zenith ou Girard-Perregaux. Guillaume Laidet a utilisé son prénom anglicisé, la première lettre de son nom de famille et son année de naissance pour donner à sa marque un petit air de nom d’alcool (Il est originaire de Cognac en Charente). C’est sa passion pour les belles montres et son désir de les rendre abordables qui le poussent à concevoir un premier modèle très équilibré d’allure «vintage». Les connaisseurs (forums, blogs horlogers) sont unanimes : En confiant la réalisation de son « bijou » aux meilleurs fabricants et assembleurs asiatiques et en le dotant d’un moteur japonais de grande fiabilité (Miyota, Seiko), il réalise un produit réussi, piloté par un cristal de quartz, en acier 316L. Il s’offre même le luxe d’intégrer sur certains modèles, un verre bombé coûteux, tout en conservant des prix de vente très abordables (149 à 189 €). Toutes les montres font l’objet d’un contrôle technique et étanchéité externe. Nous sommes loin d’une fabrication standard usine !

Les modèles phares de la marque
Les modèles phares de la marque

Les modèles phares de la marque

Les modèles automatiques (Miyota 8215) qui ne tardent pas à arriver dans la collection ne dépassent pas 350/400 euros et conservent tous les codes classiques du garde temps de qualité. Guillaume enthousiaste et armé de nombreux projets dans ses cartons (Ouverture de plusieurs pays Européens, dont après la France, le Royaume Uni, la Suisse, l’Autriche, la Belgique, l’Espagne et puis aussi la Russie, sans oublier nos amis asiatiques très friands de belles réalisations occidentales, comme le Japon, l’Inde, le Pakistan, mais aussi l’Indonésie et les Philippines). Guillaume qui a déjà distribué plus de 100.000 montres devrait ainsi continuer à nous surprendre dans les prochaines années, jusqu’à se construire une réputation qui démontre encore aujourd’hui, que le monde de l’horlogerie est plus que jamais vivant, émoustillé par les capacités internationales de réalisations de grande valeur : http://www.williaml1985.com/ -  info@williaml1985.com

 

Le moteur Miyota 8215

Le moteur Miyota 8215

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Rédigé par montres bonnes affaires

Publié le 9 Juin 2016

Rolex, considérations techniques

Rolex demeure un mythe depuis de nombreuses années, et les raisons sont nombreuses. Le point qui nous vient le plus facilement à l’esprit est l’excellence.

On retrouve cette image dans presque tous les domaines et plus particulièrement pour les biens de consommation qui utilisent la technologie.

Evidement, on pense par exemple à Apple pour les téléphones mobiles, à Bang et Olufsen pour les téléviseurs, à Bose pour les systèmes HiFi… même à Rolls Royce pour les voitures et la liste ne s’arrête pas là, car il n’est pas à l'ordre du jour de déclencher une bagarre d’avis quand certaines marques sont au coude à coude.

 

L’excellence a un prix, elle se construit souvent dès le début, mais s’affirme avec le temps et la réputation.

 

Il n’est pas question ici de rappeler l’histoire de cette marque de garde-temps. Nous en avons déjà un peu parlé dans ce Blog et des milliers d’articles ailleurs sur la toile ou dans des livres s’attardent sur l’origine de Rolex.

Non plus d’ailleurs qu’il n'est question de soulever un débat pour définir si oui ou non, cette réputation est fondée ou si les inconditionnels devraient gagner face aux incrédules.

La société de consommation et les phénomènes de valeur et de mode touchent continuellement notre appréciation. Il est clair que je ne suis pas un amateur de la marque et cela se comprend facilement : Je m’intéresse avant tout au milieu de gamme, alors que Rolex vise le plus haut niveau.

 

Rolex en s’adressant aux plus fortunés développe une envie qui touche toutes les couches de la société, c’est normal. Mais les raisons qui pourraient nous pousser à acquérir une montre Rolex sont toujours les mêmes.

 

Elles suivent une sorte de liste dans l’ordre qu’on ne peut que constater :

 

1/ l’effet valeur ajoutée

2/ la perfection technique

3/ la robustesse

4/ la non dépréciation

 

Si j’avais le choix, j’aimerais considérer la dernière valeur comme la plus importante. Cette « non dépréciation » me semble en effet essentielle, car on est ainsi certain de réaliser un investissement qui s’apparente d’abord à un placement, et ensuite à un bien transférable qui pourrait durer plus longtemps qu’une vie humaine.

 

Dans nos considérations techniques, il nous faut tordre le cou à certaines idées reçues :

 

1/ Non, les montres Rolex ne sont pas faîtes à la main

2/ Non, il ne faut pas un an au technicien maison pour réaliser votre garde-temps

3/ Non, les montres Rolex ne sont pas les montres les plus précises au monde

5/ Non, les montres Rolex ne coûtent pas aussi cher à fabriquer

 

Quelle est la vérité ?

 

1/ Rolex produit environ 1 million de montres par an et même si le personnel de la maison est relativement conséquent (2000 employés environ), il ne serait pas possible de réaliser un tel exploit si chacun d’entre eux devait construire et assembler 500 montres par an à la main. Certes quelques modèles bénéficient d’une approche très « manuelle », mais ce sont des exceptions. La maison qui réalise la totalité des pièces nécessaires à l’assemblage possède une batterie de machines très perfectionnées et protégées par des brevets internes, mais cela reste une production de masse !

 

2/ Il est possible que quelques mois s’écoulent entre la conception d’un modèle et sa sortie d’usine, mais il est utopique de penser qu’un artisan prend en charge le modèle que vous avez choisi et le réalise en un an sur son établi, pièce par pièce.

 

3/ Achetez une Casio à 25 euros et je vous garantis que sa précision fera pâlir la meilleure Rolex que vous pourriez posséder.

En disant cela, je ne peux pas nier que la Maison a déposé depuis 1905 pas moins de 400 brevets et que son cheval de bataille demeure la précision (d’ailleurs souvent couronnée par une certification officielle externe dite COSC). Mais les mouvements mécaniques les plus perfectionnés ne pourront jamais présenter une précision absolue. Dut-on employer des huiles très spécifiques et fort chères ou des matériaux limitant les frottements au maximum.

 

5/ Combien coûte réellement une Rolex ? Ayant passé l’essentiel de ma carrière professionnelle comme acheteur, je connais, d’ailleurs comme les vendeurs, la vraie valeur de fabrication des choses. On applique généralement le coefficient de rentabilité de 1,8. Ce qui veut dire qu’une fois l’article produit, il faut rémunérer tous les intervenants, des revendeurs aux transporteurs, payer les employés, les charges et tout un ensemble de frais inérants au commerce en général.

En sortie d’usine à 1000 euros, l’objet ne pourra être vendu de façon économiquement viable qu’à 1800 euros.

Dans le cas de Rolex, les frais sont sans doute beaucoup plus importants eu égard à la technologie couteuse utilisée, au niveau de rémunération des employés, à la recherche et au développement, à la publicité et au sponsoring. Il est impossible de connaître leur taux de rentabilité. Mais une chose est certaine : Un montre vendue 1000 euros en 1980 l’était à 2500 euros en l’an 2000, alors que très peu de modifications techniques étaient intervenues.

 

Certes les matériaux précieux parfois employés, comme l’or massif font considérablement monter le coût d’un tel objet, mais pour ce qui concerne les montres dans le meilleur acier, les calibres parfaitement ajustés, les verres saphir parfaits et les bracelets les plus sophistiqués, ne devraient pas atteindre les sommes habituellement constatées.

Encore une fois, il est très difficile de donner le vrai prix des choses quand on n’a pas accès à tous les paramètres – mais j’aime à penser que les Rolex standard devraient coûter entre 1.5 et 2 fois mois cher que constaté.

 

Rolex n’est pas la seule maison à utiliser cette stratégie. De très grandes marques Suisses vendent leurs garde-temps à des prix extrêmement prohibitifs. Mais chacun sait que l’excellence, la rareté et le prestige n’ont finalement pas de prix.

 

Ainsi donc, quand on achète une Rolex, on n’achète pas seulement une excellente montre, mais aussi le nom gravé sur le cadran et la perpétuation de son aura dans les générations prochaines.

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Publié le 20 Mai 2016

Mondaine

Un peu comme pour le style épuré Bauhaus bien connu en Allemagne, les Suisses ont aussi développé leur propre modèle issu d’une histoire attachante : En 1944, l’ingénieur Hans Hilkifer, employé de la compagnie des chemins de fers fédéraux, a été chargé de développer un visuel efficace pour les horloges de gare. Progressivement les 3000 gares de la Confédération en seront équipées. C’est la société « Mondaine » créée par Erwin Bernheim dans les années 50 qui développera ce design exclusif sur le cadran d’une montre dès 1986… après avoir produit divers modèles de garde-temps en collaboration avec des horlogers réputés et racheté des petits ateliers suisses.

Divers modèle 2016 avec les speciales "Chemins de fer Suisses"

Divers modèle 2016 avec les speciales "Chemins de fer Suisses"

Dans les années 70, les premiers modèles à quartz font leur apparition. Ils inventent la montre à quartz à alimentation solaire et à affichage analogique et digital, puis développent d’autres innovations comme la montre étanche en matériau synthétique sans bague de métal, obtenant plusieurs récompenses horlogères, notamment pour l’utilisation de métal 100% recyclé dans l’élaboration de certains boitiers. La société au cours des décennies suivantes développe avec succès d’autres marques comme M-Watch et Camel Active, Luminox, Jean-Michel Cousteau ou encore Bally dans la sphère asiatique, mais c’est ce dessin si simple et si efficace qui fait sa renommée dans les 50 pays où la marque est distribuée (plus de 120 points de vente en France, dont plusieurs distributeurs Internet).

 

http://www.louispion.fr/marques/mondaine.html

https://www.montresandco.com/b/montres-mondaine.html

http://www.mastersintime.fr/fr/mondaine/

https://www.mode-in-motion.com/r/mondaine.html

 

 

 

 

Les Automatiques Evo avec Calibre Sellita SW 200-1

Les Automatiques Evo avec Calibre Sellita SW 200-1

L’horloge de gare se doit d’être très lisible. La miniaturisation n’a en rien affecté cette caractéristique et tous les modèles de montres de Mondaine sont très appréciés. Construite en 1960, l’usine de Biberist à 20 km au nord de Berne, reste le siège central de la production, mais le développement atteint aujourd’hui Hong Kong afin de distribuer plus facilement la marque dans cette région. C’est sans doute la vivacité des enfants Bernheim, André et Ronnie, qui font aujourd’hui de cette belle maison, un fleuron de la fabrication horlogère suisse dans le milieu de gamme. Les calibres quartz sont fabriqués par la maison après avoir été mis au point en 2012 et pour les automatiques, Sellita est un partenaire de choix. Ce qui donne des prix extrêmement abordables (autour de 500 euros pour les mécaniques et 200 euros pour le quartz).

De l'horloge de Gare au Réveil matin (Mondaine mini Clock)
De l'horloge de Gare au Réveil matin (Mondaine mini Clock)

De l'horloge de Gare au Réveil matin (Mondaine mini Clock)

C’est évidemment Mondaine qui aujourd’hui fournit les nouvelles horloges de gare… et pas seulement en Suisse, mais aussi pour les gares de l’Est à Paris, ou la gare centrale de Bruxelles. Pour la petite histoire, le style de la trotteuse rappelle le bâton de la même forme qu’utilisaient les chefs de gare afin d’annoncer le départ imminent des trains.

Le Calibre Quartz (maison) 58-02 créé en 2012 et la montre Stop to Go
Le Calibre Quartz (maison) 58-02 créé en 2012 et la montre Stop to Go

Le Calibre Quartz (maison) 58-02 créé en 2012 et la montre Stop to Go

La série Helvetica pour Madame et Monsieur !
La série Helvetica pour Madame et Monsieur !

La série Helvetica pour Madame et Monsieur !

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Rédigé par montres bonnes affaires

Publié le 12 Mai 2016

Gamme Edmond Automatique

Gamme Edmond Automatique

C’est en 1886, dans le village des Ponts-les-Martel au cœur du Jura Suisse qu’Edmond Mathey-Tissot fonda sa société horlogère. Rapidement réputée pour la qualité de ses créations (notamment les complications horlogères), elle connu diverses fortunes qui assurèrent sa notoriété, particulièrement aux Etats Unis, où elle n’est plus aujourd’hui implantée, à l’exception de Porto Rico.

Mathey-Tissot reçu nombre de récompenses horlogères qui stabilisèrent la marque en Suisse et dans le Monde entier. Aujourd’hui après des difficultés aux alentours de 2002, elle renaît dans l’imaginaire des amateurs de ces beaux produits Swiss Made simples et abordables. Les 130 modèles de la gamme sont à présent construits dans le Canton italophone du Tessin, sous la direction d’Alberto Frigerio Bonvicino : http://www.mathey-tissot.net/2016/

Gammes Newport, Skeleton et BoltonGammes Newport, Skeleton et BoltonGammes Newport, Skeleton et Bolton

Gammes Newport, Skeleton et Bolton

Mathey-Tissot, pur produit de milieu de gamme (à ne pas confondre avec Tissot, du groupe Swatch), offre des garde-temps mécaniques avec moteurs ETA, IT ou Valswiss et des montres à quartz contenant un panel d’excellents calibres Ronda, comme le 6203 B ou le 505 h6.

On remarque dans la gamme, les collections Edmond, Leblanc, ou Bolton avec des pièces parfaitement assemblées et une assurance de longévité, pour des prix extrêmement raisonnables avoisinant les 500 euros. Quelques modèles quartz restent très compétitifs autour de 200 euros.

La distribution en France est assurée par MRC à Besançon (tel. 03.81.80.05.62) et on peut la trouver en boutique et sur Internet, chez CLEOR : http://www.cleor.com/marques/mathey-tissot.html

Mathey-Tissot
Mathey-Tissot
Mathey-Tissot
Mathey-Tissot
Mathey-Tissot

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Rédigé par montres bonnes affaires

Publié le 7 Mars 2016

Konifer, bois-métal

Dans la jungle des fabricants de montres en bois où s’engouffrent aujourd’hui quelques marques Françaises, Italiennes ou Hollandaises, KONIFER d’origine Canadienne (et dont nous avons déjà parlé : lien MBA), demeure le leader incontesté quand on regarde simplement sa capacité de renouvellement.

 

L’horlogerie mondiale fait preuve de beaucoup d’inventivité pour séduire les amateurs toujours plus nombreux. La montre est en effet non seulement un objet de grande utilité, mais aussi un symbole social. Le choix est si important que pratiquement tous les goûts peuvent être comblés, qu’il s’agisse des matériaux, des mécanismes, des fonctions ou même des formes.

 

Certes, me direz-vous, il est facile de proposer une montre classique dont le cadran est en bois. Les Chinois nous présentent ce genre de produit depuis quelque temps, se bornant à imprimer simplement le motif.

KONIFER nous propose non seulement des essences précieuses, mais aussi des prestations de très grande qualité. Dans une montre virile et d’aspect assez technique. Le boîtier est ainsi proposé dans le meilleur acier chirurgical sur lequel se place un verre saphir, tandis que ne démérite pas le mécanisme d’origine Japonaise de chez Citizen, sans parler du bracelet mi-bois, mi-acier du plus bel effet ! …On vous a dit que vous aviez le choix des mariages les plus divers entre essences et revêtements acier ?

 

Un projet qui se précise et dont nous aurons bientôt tous les détails. Le lancement se fera prochainement sur Kickstarter, un site de financement participatif.

 

Pour patienter, découvrez le projet ici : https://koniferwatch.com/project/

Avril 2016, Le projet est enfin accessible ici :

https://www.kickstarter.com/projects/107445904/karbon-watch-customizable-wood-and-stainless-steel

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Rédigé par montres bonnes affaires

Publié le 28 Février 2016

Le Beta 21

On peut se demander comment l’Observatoire de Neuchâtel pouvait organiser en 1968 un concours de précision sur les montres à Quartz !

Il fallut attendre 1974 pour les voir abandonnés – En effet, par essence la montre à quartz (en concurrence avec la montre mécanique) présentait depuis le début une exactitude redoutable et des régularités clairement très proches d’un fabricant à l’autre, grâce à la fréquence d’oscillation très régulière du cristal de quartz. Aujourd’hui les choses ont évolué, non seulement dans les techniques, mais aussi les innovations qui permettent à certains compétiteurs prestigieux de proposer des calibres d’une régularité de fonctionnement supérieure… Il le fallait pour pouvoir continuer à proposer des montres à quartz à des prix encore vertigineux !

 

Quand la menace a commencé à peser sur la fabrication mécanique traditionnelle de l’horlogerie Suisse, celle-ci a assez rapidement réagi.

L’Astron de Seiko dès 1969 avait déjà attiré tous les regards, mais les études concurrentes démontraient cette volonté de révolutionner la précision horlogère avec les premiers mécanismes de Lip, d’Hamilton et de Bulova.

 

Comme savent le faire les industriels qui se sentent menacés en assemblant leurs compétences, les plus grands horlogers helvétiques se jetèrent à corps perdu dans la conception d’un calibre authentiquement Suisse. Ils étaient 21, le projet s’appela donc « Beta 21 ». On note la présence de Rolex, Omega, Zenith, IWC, Longines, Patek Philippe, Le Coultre, Bulova (lui-même) et certaines marques parmi les meilleures comme Eberhard, Ebel, Movado, Zodiac, Rado et quelques autres disparues depuis ou réorganisées comme Enicar, Juvenia, Doxa, Cyma, Favre-Leuba, Elgin, Credox et même Ebauches SA !

 

Dès 1962, cette sorte de Joint Venture, un peu contre nature vis le jour à Neuchâtel sous la forme du Centre Electronique Horloger. Le CEH reçu sa propre équipe de recherche financée par la Fédération horlogère et ne tarda pas à produire ce nouveau calibre (1968). Il remporta ainsi le fameux Prix du Concours de précision qui nous paraît si désuet aujourd’hui… talonné de près par les japonais de Seiko.

Ce concours cessa avec l’arrivée des projets individuels de Rolex et d’Omega bien plus élaborés. En effet le calibre « Beta 21 » était un trop grand consommateur d’énergie, assez instable et peu résistant, il fut immédiatement surpassé par les productions de Seiko beaucoup plus fiables.

Ce qui n’empêcha pas de devoir débourser de jolies sommes pour pouvoir acquérir les premières montres équipées du calibre « Beta 21 ».

 

De nombreux articles on été publiés depuis des années par divers historiens, journaux et Blogs sur ce phénomène du calibre « Beta 21 »… et chez lesquels la matière de ce billet a été puisée.

L’article d’aujourd’hui entend simplement aborder assez rapidement le sujet afin de faire une petite place au Quartz dans l’aventure horlogère. Une histoire qui semble avoir déjà plus de 50 ans !

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Fabrice Delaye, journaliste Suisse spécialisé dans les questions horlogères a rédigé un article complet sur l'origine du Quartz, article qui fait enfin le point sur l'invention de ce système et met un terme aux tergiversassions émanant de la part de beaucoup de gens qui "croient connaître la vérité" - Je vous laisse juge en introduisant cet article ici avec ses sources :

 

La réalité sur l’origine du Quartz

 

Il y a 50 ans, l’horlogerie suisse inventait le quartz

PAR FABRICE DELAYE

Si le quartz ne représente qu’une fraction du chiffre d’affaires de l’horlogerie suisse, son invention à Neuchâtel a donné naissance à un secteur stratégique de notre industrie: la micro-électronique.


Même si le recul des exportations horlogères helvétiques sera dans toutes les têtes, le grand salon horloger Baselworld, qui démarre sa centième édition, demeure la fête des montres mécaniques haut de gamme. Le quartz et l’électronique, qui sert à le transformer en instrument de mesure du temps, n’y ont qu’un rôle figurant. En dépit du fait que non seulement le quartz est infiniment plus précis, mais aussi qu’il est une invention helvétique qui fête, elle, son jubilé. Une invention parfois considérée comme ambiguë, il est vrai.

 

Du point de vue économique, la valeur ajoutée des montres mécaniques – et les marges qui s’en dégagent – balaie tout sur leur passage. Les 6,9 millions de pièces mécaniques exportées par la Suisse en 2016 ont généré un chiffre d’affaires de 14,7 milliards de francs. Alors que les 18,2 millions de montres à quartz «Swiss Made» ne représentent qu’un petit 3,6 milliards.

 

Cette réalité en cache cependant une autre. Difficile à caractériser à partir des statistiques douanières qui agrègent l’industrie des machines et celles de l’électronique - le second secteur d’exportation de la Suisse après la chimie-pharma - la micro-électronique est à l’évidence devenue l’une des forces de l’économie helvétique tant pour le présent que pour l’avenir. Or, tout remonte au quartz, à l’horlogerie et à la prémonition d’un homme qui n’était pas du sérail.

 

La vision d'un diplomate

 

En 1958, la présidence de la Fédération Horlogère échoie à un diplomate rompu aux négociations économiques: Gérard Bauer. En dépit qu’il ne soit ni horloger ni ingénieur, il a l’intuition que l’électronique, qui se développe depuis 1947 avec l’invention du transistor aux Etats-Unis, va avoir un impact énorme sur l’industrie horlogère. Il va convaincre les horlogers suisses de mutualiser leurs recherches dans ce domaine en créant le Centre Electronique Horloger (CEH) qui, en septembre 1960, recrute son premier directeur: Roger Wellinger. Les horlogers sont d’autant plus motivés que la même année l’américain Bulova lance la première montre électronique, l’Accutron, sur la base de l’oscillateur à diapason inventé par le bâlois Max Hetzel.

 

Venu de General Electric, Roger Wellinger commence par embaucher sept ingénieurs de retour des Etats-Unis et cinq à l’EPUL que l’on n’appelle pas encore l’EPFL. Le CEH est créé officiellement le 20 janvier 1962 avec «la mission de développer une montre bracelet ayant au moins un avantage sur les montres existantes». Pour éviter de donner cet avantage à une entreprise horlogère en particulier, il est alors décidé de mener les travaux de recherche dans le plus grand secret.

 

Mais cinq ans plus tard, ce secret commence à fatiguer les horlogers actionnaires du CEH. En mai 1967, ils convoquent la trentaine de chercheurs que compte alors le centre pour les sommer de s’expliquer sur leur manque de résultat. Ce qu’ils ignorent, c’est qu’à côté de la poursuite de travaux sur l’Accutron - le projet alpha -  les chercheurs du CEH poursuivent un second projet – beta – sur le quartz. 

 

Parmi les ingénieurs revenus des Etats-Unis se trouve en effet Kurt Hubner qui a travaillé avec William Shockley, l’inventeur du transistor. En 1963, il installe le premier procédé de fabrication de puces en silicium en Suisse. Avec des chercheurs comme Eric Vittoz de l’EPUL- EPFL, il travaille sur le projet beta du quartz. «La technique du quartz était déjà connue pour des radios», explique l’historien des techniques et ancien du CEH Christian Piguet. «Quand on applique une tension électrique au quartz, il vibre et cette oscillation a une fréquence régulière qu’on peut mesurer. Typiquement 1 hertz correspond à une oscillation par seconde, soit la mesure d’une seconde.»

 

Meilleure que Seiko, mais…

 

La difficulté est de faire entrer ce principe de mesure du temps dans une montre-bracelet. Il faut relever trois défis: la miniaturisation de l’électronique qui sert à la mesure, l’alimentation électrique autrement dit la batterie et enfin la précision – le fameux avantage vis-à-vis des montres mécaniques. «Plus on augmente les oscillations du quartz - 8000 à la seconde à l’époque contre 32 000 aujourd’hui – plus c’est précis», poursuit Christian Piguet.

 

En ce qui concerne la batterie, les chercheurs du CEH ne veulent pas réinventer la roue et collaborent avec les fabricants Union Carbide, Mallory et Renata. Sous la direction de Max Forrer, les chercheurs du département circuit Amin Frei et Jean Hermann vont de leur côté parvenir à miniaturiser un quartz à 8 kilohertz ainsi que son oscillateur électronique. En parallèle, un autre groupe développe différentes versions de micromoteurs. En août 1967, ces travaux aboutissent à la présentation des prototypes beta 1 et beta 2, qui diffèrent essentiellement par leurs micromoteurs, au conseil d’administration du CEH. Ce dernier ne peut que constater que la beta 2 a atteint l’objectif d’une batterie d’une durée de vie de un an.

 

Trois mois plus tard, dix modèles de Beta 2 sont présentés à l’Observatoire de Neuchâtel dans le cadre d’une compétition de précision horlogère, le Concours Chronométrique. Ils prennent les 10 premières places devant 10 Seiko. Pourtant, le groupe nippon va griller la politesse aux Helvètes en commercialisant la première montre à quartz – l’Astron-35SQ -  deux ans plus tard, soit à Noël 1969. Ce sera que l’année suivante qu’un consortium de 16 marques horlogères suisses va commencer la commercialisation de montres à quartz sur la base d’une version beta 21 ramené à 110 composants.

 

La guerre des prix amène la crise

 

Ce retard, qu’on explique parfois par la réticence des horlogers suisses à lancer un produit concurrent à leur propre production mécanique, est souvent cité comme une des causes de la crise horlogère qui, dans les années 70, va voir le secteur diviser par trois, de 90 000 à 30 000, le nombre de ses emplois en Suisse et par deux (1'618 maisons en 1970 contre 861 en 1980) le nombre de ces marques.

 

Ce n’est pas la seule cause. Mais ce qui est certain, c’est que rapidement la montre à quartz va déclencher une guerre des prix sanglante avec le réveil des américains Motorola, National Semiconductor et Texas Instruments qui vont courir, sans grand succès, derrière Seiko et Citizen. En 1980, 80% des montres à quartz sont japonaises et 20% suisses. Reste qu’à la même époque, les exportations suisses s’élèvent à presque 10 milliards de francs, alors que celles du Japon atteignent péniblement les 210 millions. Cela augure de la renaissance qui va suivre des montres mécaniques haut de gamme, mais c’est une autre histoire.

 

Du CEH au CSEM

 

En attendant, ce qui reste des recherches sur le quartz, c’est une influence durable sur l’industrie suisse. D’abord, ces travaux pionniers aboutiront à la création d’une première usine électronique en Suisse avec EM Marin en 1975. C’est ce qui rendra ensuite possible l’aventure de la Swatch. Par ailleurs, les électroniciens helvètes se sont taillés avec le quartz une réputation internationale. D’une part, ils sont pionniers dans l’architecture des microprocesseurs horlogers CMOS qui vont devenir la référence à partir des années 70. D’autre part, les travaux sur le quartz ont ouvert la voie de l’électronique basse consommation qui est aujourd’hui au cœur du développement des objets connectés et motive la présence des Intel et samsung à Baselworld cette année.

 

L’institution qui encapsule cette excellence aujourd’hui, c’est le Centre Suisse d’Electronique et de Microtechnique (le CSEM ou «XEM » comme on l’appelle familièrement à Neuchâtel). En 1984, la Confédération organise la fusion du CEH avec deux autres laboratoires de recherche : la Fondation Suisse pour la Recherche en Microtechnique (FSRM) et le Laboratoire Suisse de Recherches Horlogères (LSRH) pour créer le CSEM.

 

Or, même si beaucoup l’ignore, cette organisation originale - à la fois privée et "non profit" - est probablement l’un des ressorts secrets les mieux gardés de la compétitivité industrielle de la Suisse. Elle est à l’origine d’une trentaine de start-up et de bien plus d’innovations reprises dans les produits de ses partenaires industriels.  

 

FABRICE DELAYE 

JOURNALISTE

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Menbre du  jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

 

Source :

https://www.bilan.ch/techno/il_y_a_50_ans_l_horlogerie_suisse_inventait_le_quartz

 

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