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Publié le 29 Mars 2015

Thomas Earnshaw - Commodore

Thomas Earnshaw - Commodore

Certes, nous n’allons pas parler de produits de milieu de gamme, mais le cas est à relever.

 

Nous vous avons dans ces colonnes, maintes fois mis en garde au sujet de contrefaçon d’appellations. Certaines marques n’hésitent pas à utiliser des noms d’horlogers illustres pour donner à leur production, une dimension « acceptable », alors que trop souvent, la qualité n’est pas là !

 

Certains inventeurs de complications horlogères particulières sont bien connus des passionnés. Ils ont été nombreux grâce à leurs recherches poussées, à proposer des innovations qui ont transformé le visage des garde-temps… et c’est tant mieux !

 

Quelques-uns ont même créé des marques à leur nom, d’autres ont collaboré avec de fameux créateurs, mais tous n’ont pas protégé leur patronyme, quand c’est celui de leur famille qui a été naturellement utilisé.

 

Nous nous sommes toujours élevés ici contre les marchands sans vergogne qui ont tenté de faire passer leurs productions (parfois très en dessous de la moyenne) pour des montres ayant une antériorité historique fameuse. Nous nous sommes surtout élevés contre ceux d’entre eux qui ont caché la vérité, trompant les moins informés d’entre nous. Nous avons ainsi des cas jusque dans notre pays.

 

En 1977, une grande compagnie Hongkongaise, comme il en existe plusieurs sur ce territoire et en Chine Continentale, a émergé. Ses productions vont aujourd’hui du tout venant à des garde-temps de qualité supérieure. Son nom : Solar Time Limited. En se perfectionnant dans son métier, elle a su au cours des années, proposer à ceux qui souhaitaient développer leur propre marque, un process complet et contrôlé.

 

Ne nous leurrons pas, une très grande quantité de marques à consonance européenne ont profité de ses services comme de ceux d’innombrables autres société qui sont apparues depuis. Leur maîtrise est excellente et le produit fini s’adapte à des besoins infinis. Ce ne sont pas ces sociétés qui sont à blâmer, mais les Européens eux-mêmes qui font croire autre chose.

 

En 2011, une société anglaise qui distribuait déjà des marques connues (et parfois certaines de qualité), comme Avi-8, Klaus Kobec, Jas Mc Cabe, Fjord ou Swiss Eagle a voulu présenter sur le marché des garde-temps d’aspect prestigieux, mais construits économiquement. Ainsi, nous avons vu apparaître la marque CCCP, mais surtout Thomas Earnshaw.

 

Nous y voici : encore un grand horloger de la fin du 18ème siècle, inventeur de complications chronométriques, ayant collaboré avec le non moins célèbre John Arnold. Donc un prénom et un nom relativement communs que beaucoup de gens auraient pu porter. On ne protège que très rarement les noms de famille… ce n’était pas la préoccupation de Thomas Earnshaw !

 

Alors me direz-vous, où est la particularité de ce cas ?

 

Dartmouth Brands limited qui détient la distribution de Thomas Earnshaw parle bien sur son site des merveilleuses réalisations de ce fameux horloger, avec force détails et gravures… mais reste parfaitement claire sur la différence entre les réalisations d’Earnshaw et les garde-temps qu’elle commercialise. On ne peut que souligner cette honnêteté, même si les prix de vente sur le Site maison sont bien plus élevés que dans les boutiques spécialisées, ou les marchands qui procèdent à des « ventes privées » - Ceci relève davantage d’une « technique » de vente moderne que d’une volonté réelle de tromper l’acheteur. On vous informe sur ce phénomène continuellement !

 

Ceci dit, bien que la marque soit très peu connue en France, on accède à des avis complets et des revues sérieuses. Au résultat, il semble que (toutes proportions gardées), nous soyons en présence d’un réel effort de qualité. Les ateliers de Hong Kong ont fait de grands progrès au niveau de la finition et du contrôle, les matériaux utilisés sont conformes aux nécessités et les calibres mécaniques ou à quartz, sont issus, soit des meilleurs productions Chinoises, soit de celles des Japonais.

 

Nous devrons revenir dans quelque temps pour vous parler de la durabilité, mais les choses semblent prendre le bon chemin !

 

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Je vous avais promis de revenir avec mes observations personnelles - J'ai donc commandé la montre et l'ai portée pendant quelques temps. Ci-dessous les photos de la montre que j'ai reçue (même modèle = Commodore) : 

La montre que j'ai reçuLa montre que j'ai reçu
La montre que j'ai reçuLa montre que j'ai reçu

La montre que j'ai reçu

Voici ce que j'en pense : Après avoir regardé le garde temps sous toutes ses coutures (fond vissé), l'avoir soupesée (elle est massive), portée et avoir regardé son fonctionnement, je confirme mes impressions de départ. Déjà au niveau de la présentation, vous obtenez un produit parfaitement emballé dans un coffret cuir sans reproches, avec une documentation complète en plusieurs langues et efficace.

Le coffret protégé par une feuille de soie est contenu dans une surboîte.

La montre est très bien terminée, pas de défaut de finition, un bracelet à attaches rapides, de facture supérieure en cuir de bonne qualité et assez souple (la boucle ardillon est très originale). Le mécanisme d'origine japonaise est régulier et il n'y a aucun flottement dans le déplacement des aiguilles lors de la mise à l'heure. Les commandes sont franches et souples.

Le cadran est très beau avec des applats propres et sans bavures et des aiguilles bleues.

Bref, un produit sérieux et dont le prix reste raisonnable lors des ventes privées !

En effet sur le Site maison, la montre est trop chère (450 euros), mais cependant proposée à environ 90 euros ponctuellement. A ce prix là, vous faîtes une excellent affaire, si l'on reste conscient que cela reste tout de même une montre à quartz.

Il reste à observer son étancheité, son intégrité et sa durabilité dans le temps. Nous en reparlerons dans un moment !

Vues de détailVues de détail
Vues de détail

Vues de détail

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Publié le 14 Mars 2015

Oris et Vacheron ConstantinOris et Vacheron Constantin

Oris et Vacheron Constantin

Délicatement minimaliste, l’enchevêtrement des mécanismes de montres squelettes nous dévoile une complexité dépouillée de sa structure industrielle. L’artiste a taillé dans la masse et retiré toute partie métallique non utile pour son fonctionnement, de manière à rendre visible la danse délicate des rouages.

 

Il est plus facile d’admirer une montre squelette que d’en parler, car dans le merveilleux monde de l’horlogerie, la montre squelette tient une place et délivre une histoire, dont aucun spécialiste ne peut explorer tous les fondements. C’est d’ailleurs avec beaucoup de modestie que j’entreprends d’en parler aujourd’hui.

 

Curieusement, je suis davantage passionné qu’enthousiaste, car je reconnais l’extraordinaire travail qui a permis de créer ces objets d’art, tout en leur préférant des garde-temps plus sobres et plus traditionnels.

 

On m’a récemment interrogé sur la possibilité de « dénicher » des montres squelettes de qualité à des prix abordables. Longtemps, cette spécialité qui permettait de mettre en avant, à la fois des compétences techniques et une maîtrise artistique, est restée cantonnée aux marques de luxe. De très nombreuses grandes marques s’y sont essayées. Je froisserai sûrement nombre d’entre-elles en ne les citant pas toutes, mais nous pouvons en retenir un grand nombre très connues (dans le désordre) : Ulysse Nardin, Piaget, Roger Dubuis, Officine Panerai, Louis Erard, Breguet, Chopard, Corum, Harry Winston, Cartier, Audemars Piguet, Vacheron Constantin, L.Leroy, Zenith, Hublot, Richard Mille, Hermes et même Omega !

Dans cette catégorie, les prix des montres atteignent des coûts à la hauteur de la perfection de leur conception et de la qualité de leur réalisation, mais restent inabordables pour la majorité d’entre nous.

 

Puisque nous parlons ici de montres de milieu de gamme, pouvons nous y trouver des pièces ne sacrifiant rien à l’excellence et à la finesse, mais cependant accessibles ?

 

Avant d’en parler, nous devons évoquer tous ceux qui ont tenté de naviguer sur cette attente en proposant des montres qui avaient l’apparence d’un bijou, sans en détenir la précision. Dans ce monde encore plus vaste, nous reconnaissons une infinité de marques, qui pour certaines, figurent dans les listes de garde-temps à éviter. Quelques-unes parviennent à une certaine reconnaissance, mais n’atteindront jamais la qualité ultime attendue dans ce genre de produit. La grande majorité de ces montres sont d’ailleurs animées par des calibres d’origines chinoises, pas toujours fiables. Quand à la finition, l’observateur attentif reconnaîtra des imperfections et même des bavures difficilement acceptables. C’est sans doute là où Internet joue un rôle important en présentant les meilleures d’entre-elles où les détails de finition sont difficilement observables.

Ne voulant pas non plus définir des catégories, j’en citerai un grand nombre dans le désordre : Sturhling, Akibos 23, Kenneth Cole, Invicta, Ingersoll, Android, Davis, Pierre Lannier, Yves Carmani, Rotary, Fossil, Krönen & Söhne, Maserati, Emporio Armani et bien d’autres. Les prix vont de 30 à 300 euros pas toujours justifiés, mais avec pour certaines, un soin plus particulier dans la finition et le montage.

 

Hamilton et TissotHamilton et Tissot

Hamilton et Tissot

Depuis toujours, les marques de milieu de gamme ont tenté de proposer des produits durables, parfaitement finis, sans aucun compromis pour la médiocrité – tout cela avec un prix extrêmement serré afin de les rendre abordables au plus grand nombre.

Elles se sont de ce fait trouvées confrontées à l’obligation de conserver un certain classicisme ; bien que l’on trouve parfois et malgré tout des réalisations audacieuses et techniquement avant-gardistes.

 

Globalement, rendre une montre squelette, consiste à retirer de son calibre, toutes les parties métalliques n’ayant ni portée, ni fonction mécanique. Souvent les marques sont aidées dans ce sens par les travaux d’approches des concepteurs de ces calibres. ETA, Citizen, Orient, par exemple, réalisent et vendent directement des calibres classiques ajourés qui peuvent être insérés dans les montres. Parfois les marques travaillent elles-mêmes sur les adaptations ou les finitions, proposant ainsi à un coût raisonnable quelques pièces… malheureusement trop rares.

Chez ces fabricants, nous remarquons Oris, Tissot, Hamilton, Citizen, Seiko ou Royal Orient, mais beaucoup de ces réalisations ne sont pas disponibles directement en France. Royal Orient qui est le département luxe d’Orient ou la gamme Premier de Seiko restent des modèles relativement chers (au-delà de 1000 euros). Oris est souvent disponible à des prix encore plus élevés. Tissot se délecte de surfaces planes et minimalistes très agréables, tandis qu’Hamilton préfère une squelettisation partielle.

Haaven et SwatchHaaven et Swatch

Haaven et Swatch

Que reste-t-il alors pour nos pauvres bourses dégarnies ?

 

Swatch qui tient une place à part avec une catégorie à la fois populaire et malgré tout révolutionnaire, propose des montres squelettes peut-être un peu déroutantes pour l’amateur d’horlogerie traditionnelle, mais la qualité de fabrication n’est nullement mise en cause et trouve son public.

 

Il reste une petite marque néerlandaise très intéressante (Haaven), qui en plus de proposer des montres squelettes abordables (autour de 400 euros), s’équipe de mécanismes Miyota très jolis et parfaitement fiables. Il faut cependant apprécier une forme particulière en tonneau qui ne séduit pas tout le monde. Récemment la marque Griffin Emblem dont on a beaucoup parlé ici a également proposé des squelettisations partielles sur des calibres japonais également réalisés par Miyota (Citizen).

 

Le nombre relativement important de marques s’étant essayé à ce travail, demeure cependant marginal face au milliard et demi de montres vendues en 2014 dans le monde. Elles ne sont toutefois pas inexistantes, mais le nombre de firmes horlogères ayant mis sur le marché des garde-temps fiables reste encore très faible. Beaucoup de créateurs et de fabricants observent la demande et considèrent leurs capacités. Une porte ouverte à des réalisations à bas prix au sujet desquelles il faut rester très prudents. Cet article n’est qu’une ébauche d’analyse – je suis certain que des passionnés se feront un plaisir d’apporter des précisions ou nous ferons découvrir des marques que nous avons omis de citer.

 

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Publié le 20 Février 2015

Vue de la Manufacture à Elgin (Chicago)

Vue de la Manufacture à Elgin (Chicago)

Une aventure américaine qui remonte à 1864 ! Connue sous le nom de National Watch Company, elle ne prendra le non d’Elgin Watch Company que 10 ans plus tard. C’est en 1960 que son nom définitif sera déposé : Elgin National Industries.

Le maire de Chicago lui-même participa à la création de cette manufacture sur les conseils de la Waltham Watch Company et d’un horloger réputé : JC Adams.

 

Plusieurs collaborateurs de la Waltham furent à l’origine de cette aventure industrielle comme PS Bartlett ou Charles H Mason. La mise en place du projet suivit le plan moderne d’investissement qui caractérisa l’Amérique du nord.

Le premier mouvement automatique porta le nom de BW Raymond, en hommage à Benjamin Wright Raymond, le maire, qui participa avec George M Wheeler aux débuts de l’entreprise. Les autres fondateurs furent Philo Carpenter, Howard Z Culver, Thomas S Dickerson, Edward H Williams et W Robbins.   

 

Elgin est une petite ville de la banlieue de Chicago où furent implantés les premiers bâtiments terminés en 1866. Elle donna son nom à cette entreprise révolutionnaire pour l’époque et qui produisait des pièces d’une grande précision. Ce fut sans doute l’un des grands modèles américain de l’industrialisation qui inspira ensuite les Japonais et les Suisses eux-mêmes.

 

Les entreprises horlogères modèles créèrent leur propre observatoire. Elgin n’échappa pas à la règle dans les années 1910. Le but étant de produire des garde-temps toujours plus performants.

 

De nombreuses innovations virent ainsi le jour, dont probablement le premier essai de montre électrique, dès 1952. La particularité pour l’époque étant de mouvoir un mécanisme classique par une énergie électrique rapportée.

 

Jusqu’au milieu des années 60, Elgin avait produit la moitié des montres fabriquées aux États Unis sous deux marques commerciales : Elgin et Lord Elgin. Ils étaient les précurseurs de cette pratique commerciale qui vise à proposer des montres de haute qualité à côté de productions de masse.

 

Durant la deuxième guerre mondiale Elgin avait fabriqué à la demande des militaires, d’autres produits techniques destinés aux forces armées. En 1964, l’entreprise dut finalement déposer son bilan pour cause d’obsolescence des équipements, après avoir fabriqué des stocks considérables de calibres qui sont aujourd’hui encore disponibles. Quelques calibres demeurent mythiques dont les 607, 618, 760 et 761, inspirés d’autres modèles débarrassés de tares techniques. Elgin avait en effet travaillé avec de nombreuses marques suisses, cherchant à améliorer leurs mécanismes. On ne doit pas oublier les montres conçues pour les chemins de fer, comme cela a été le cas pour d’autres marques américaines réputées comme Hamilton. Ses modèles automatiques étaient à l’époque parmi les plus précis.

 

Avec le démantèlement, une partie des machines furent déplacées vers la Caroline du Sud où une petite ville fut rebaptisée du nom d’Elgin, mais les droits furent finalement vendus au groupe familial multi-produits Américain : MZ Berger Inc. Toutes les montres vendues par le groupe sont assemblées en Chine. Les modèles fabriqués après le démantèlement n’ont évidemment plus rien à voir avec les productions antérieures.

Modèles anciens de montre et calibres ElginModèles anciens de montre et calibres ElginModèles anciens de montre et calibres Elgin

Modèles anciens de montre et calibres Elgin

Nouvelles générations de montres Elgin (Made in China)Nouvelles générations de montres Elgin (Made in China)

Nouvelles générations de montres Elgin (Made in China)

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